Et si la réinsertion se faisait pas à pas ? L'itinérance comme passerelle vers la liberté

C’est avec cette conviction, nourrie par des rencontres inspirantes et plus récemment par le film Pèlerins de la Paix, que prend  forme une idée un peu folle, devenue aujourd’hui un projet concret au sein de notre association Transition Justice et Dialogue.

Si on allait marcher avec des personnes aux prises avec la justice ? 

Si on allait marcher avec des personnes qui sortent de prison et qui n’ont pas encore d’ancrage solide à l’extérieur pour créer un véritable sas entre la prison et la réinsertion,

Si on allait marcher avec des personnes en décrochage ? comme  alternative à la prison. 

La rencontre avec des pèlerins de la paix a permis de trouver un écho très favorable parmi celles et ceux qui se préparent à partir marcher plus de 2000 km.

 

Le choc du retour et la nécessité d’un « Sas »

C’est ce premier axe qui retient notre attention étant donné les délais très courts : nous avons moins de quatre mois pour trouver des fonds et permettre à des participants de rejoindre le groupe. 

Si un travail fondamental est souvent accompli à l’intérieur, la confrontation avec l’extérieur reste un choc : le monde a changé. Pour beaucoup, cette transition est synonyme de rupture, de peur et d’isolement.

Ni tout à fait dedans, ni tout à fait dehors, notre projet propose un Sas de transition itinérant. L’objectif ? Transformer le choc de la sortie en une étape constructive, offrir un temps de respiration pour stabiliser les acquis et préparer sereinement l’insertion durable. Il s’agit de reconstruire l’estime de soi, la confiance en l’autre, de passer de la survie à la vie. 

 

Pourquoi la marche ? La puissance du mouvement

Pour réussir ce passage de l’enfermement à l’autonomie, nous avons choisi de sortir des structures classiques pour privilégier l’itinérance. La réinsertion n’est pas une destination, c’est un chemin que l’on choisit de parcourir.
La marche en groupe agit sur trois leviers fondamentaux :

  1. L’apaisement physiologique : Marcher dans la nature réduit le cortisol et libère des endorphines. On sort de l’hypervigilance pour entrer dans une écoute apaisée.
  2. La synchronisation et l’empathie : Marcher du même pas force le corps à se synchroniser avec l’autre. On n’est plus « face à face », mais « côte à côte », créant une coopération non verbale puissante.
  3. La responsabilisation : La marche est un laboratoire concret. Si l’un s’arrête, le groupe est impacté. Si le repas n’est pas prêt, tout le groupe est touché. Cela permet d’expérimenter la patience et la gestion des conflits au quotidien.

 

Le Projet : d’Orval à Sarajevo, un pèlerinage de paix (Mai – Août 2026)

« Le pèlerin est celui qui voyage à travers les champs.
La paix est un mouvement, une quête, une danse sans cesse renouvelés. »

Nous lançons un défi de taille : rejoindre le pèlerinage de la paix, avec une ou plusieurs personnes récemment libérées.

Ce pèlerinage est ouvert à tous, croyants, athées, personnes de toute tradition, désirant cheminer vers la paix.

Une autre facette du projet : aller marcher ensemble en Belgique avec ceux qui ne peuvent pas partir, vont partir ou reviennent et souhaitent être en lien avec le groupe, dans le même esprit. L’idée est ici d’inclure des personnes qui ont des permissions de sortie limitées, toujours accompagnées par un ou plusieurs membres de notre équipe.  

 

Comment nous soutenir ?

Ce projet ambitieux de réinsertion par l’itinérance a besoin de vous pour exister.

Nous recherchons des soutiens financiers et du matériel de grande randonnée. 

La marche en groupe offre un cadre pour passer de l’état de « détenu » à celui de « citoyen », en douceur, par la cohésion. Permettons-leur de faire ce pas décisif.

Vous souhaitez soutenir le projet ? 

Contactez-nous : info@kintsugi-tjd.be

Suivez-nous : https://kintsugi-tjd.be/

 

L’équipe de Transition Justice et Dialogue 

 

* Infos pratiques 

  • Encadrement : une formatrice de Transition Justice et Dialogue, accompagnera la marche. Un soutien est prévu avant (rencontres, matériel) et après (accueil et retour) par un.e autre formateur.rice.  
  • Participation : Possibilité de rejoindre la caravane pour 15 jours ou plus (minimum une semaine).
  • Spécial famille : Une semaine en juillet est dédiée à la marche en famille.
  • Action locale : Pour celles et ceux qui ne peuvent partir, un groupe de sympathisants et des membres de l’association Transition Justice et Dialogue marcheront tous les dimanches de mai à fin août en Belgique.